Prospective énergie-climat. User sans abuser de scénarios normatifs « zéro émission nette »
Finon, Dominique
Energy/Climate Foresight. Go Easy on the Normative 'Net Zero' Scenarios
En juin 2025, une soixantaine de scientifiques ont publié une étude confirmant que l'objectif, recommandé par le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) en 2018, d'une limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C d'ici la fin du siècle, par rapport aux niveaux préindustriels, était devenu inatteignable, et que <a href="https://essd.copernicus.org/articles/17/2641/2025/" target="_blank">cette hausse de 1,5° C pourrait être atteinte dès la fin de cette décennie</a>. Cette conclusion résonne avec le propos développé ici par Dominique Finon concernant la façon dont sont élaborés les principaux exercices de prospective énergie-climat depuis quelques années. Comme il l'indique en ouverture de son article, « on est passé d'un monde où on élaborait des scénarios exploratoires de politiques publiques pour les comparer à des scénarios tendanciels, à un monde où on s'intéresse d'abord à des scénarios normatifs de décarbonation rapide », avec en point de mire l'objectif « zéro émission nette de carbone » en 2050. C'est notamment l'évolution qu'a engagée l'Agence internationale de l'énergie (AIE) depuis 2021.</p><p style="text-align: justify;">Mais d'une part, cette propension à mettre en avant des scénarios normatifs de neutralité carbone se heurte à la réalité (l'objectif est inatteignable à cet horizon), comme le rappelle Dominique Finon en s'appuyant largement sur les analyses de Vaclav Smil, physicien, spécialiste des enjeux de la transition énergétique. D'autre part, elle pervertit l'intérêt des travaux de prospective qui sont censés permettre aux acteurs et décideurs de trouver la voie la plus adaptée ou souhaitable, compte tenu du contexte technique, économique..., qui est le leur, pour atteindre leur objectif ? autrement dit s'inscrire dans une démarche plus exploratoire que normative. En somme, qui trop embrasse mal étreint : Dominique Finon constate qu'en affichant des objectifs normatifs trop ambitieux, les prospectives énergie-climat pourraient bien devenir contre-productives.</p>
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